Système D, ou faire rentrer huit éléphanteaux dans un lit simple

 Système D, ou faire rentrer huit éléphanteaux dans un lit simple
Lynn,
Quelques milliers d'années,
Artiste Amoureuse
Voyageuse Intemporelle


Je suis une sale petite peste qui fanfaronne. Il faudrait que j'arrête immédiatement de dire ce que je pense, sans barrières. On m'a souvent dit que la vérité est comme l'eau froide qui fait mal aux dents malades. Comble du ridicule, moi qui voie plus que mal de mes yeux fatigués, je suis moins aveuglée par la lumière artificielle qu'On nous offre, que la plupart de mes camarades. Ce qui caractérise l'espèce humaine n'est pas son rire, mais bel et bien son immense schizophrénie qui le rend complément passif de la phrase. Ecrasés par le poids des traditions qu'eux même ont élevés, sacrifiés par un Dieu qui n'existe que dans leur cervelle de moineau frit. Mais l'oiseau est inocent et de ce point de vue beaucoup plus intelligent que ceux que je dois appeler mes frères, parce que leur Dieu m'a appelée Femme, et non Albatros. J'aurais aimé. Libre (bel et bien en italique) entre quatre murs de béton armé, amassant l'argent plutôt que le Savoir, craignant la mort au point d'en oublier la Vie. Pauvres pecheurs, emportez vos guerres, vos capitaux, et votre hypocrisie dans votre Paradis de Plastique où on trouve la Wifi à chaque nuage ainsi que la clim'. Continuez à débiter les sornettes qui séduisent ceux que vous avez mis à genoux. Dominez sans merci le monde que vous avez crée de toutes pièces en pillant les richesses des autres continents. Réprimandez moi lorsque je dis Putain, les mots missiles, capitalisme, attentat seront toujours plus gros que tous les Salopes et merde. Et quand vos usines auront détruit toute vie, construisez une fusée pour trouver un Nouvel Eden à massacrer.

Pourquoi faire simple lorsqu'on peut trouver plus compliqué ?

# Posté le dimanche 20 juillet 2008 09:56

Modifié le mercredi 04 mars 2009 09:10

Vous pouvez vociférer que je ne suis pas une rêveuse : du moins ne suis je pas la seule

 Vous pouvez vociférer que je ne suis pas une rêveuse : du moins ne suis je pas la seule
Ce n'est pas leurs différences qui séparent les hommes,
c'est bel et bien leur connerie.

Plus tard je serais rêveuse professionnelle. Je serais la fournisseuse officielle d'une société qui perd toute valeur -si l'on excepte celle du baril de l'or noir-. J'inventerai un nuage orange, couleur ma foi plus originale que ce ciel gris crachant dans une averse mille gouttes toxiques. La Lune deviendra une immense boule de gruyère tandis que notre planète bleue ravale ses larmes d'incompréhension. Le massacre que nous exécutons sans interrogation nous conduit à un profond mutisme. Tabous. Rien que se mot vous démange, plus que les moustiques dont le génocide à été propétré par Raid. J'aime le sexe. Je pourrais en copier cent lignes. Oui, je suis un garage à doigt, et non une vierge effarouchée qui ose prononcer avec une honte non dissimulée le mot verge. Je mouille les clopes que me roule généreusement Célia, je trempe ma culotte lorsque mes fantasmes m'entraînent loin de la réalité. Je n'ai pas encore de toiles d'araignée ni de locataire dans le trou qui me servira peut-être un jour à mettre au monde un morveux crotteux bouseux avec trois cheveux sur la tête. Celui la même qui me brisera les côtes, me fera convoquer chez le C.P.E tous les trois matins, fumera mes propres cigarettes et se permettra de me traiter de vieille. Lorsque je partirai en province pour me rendre à l'enterrement d'un proche, il en profitera pour réquisitionner la baraque pour une orgie gigantesque. Lorsque je reviens, le canapé n'est plus rouge, mais d'un blanc huileux qui coule encore au fond du string de sa petite amie. Cette dernière accouchera d'un môme sept mois plus tard, dans les toilettes du lycée Voltaire, où ma stupide progéniture entame sa cinquième Seconde, on ne sait jamais que ça soit la bonne. Mais le livret familial n'eut pas assez de place pour mettre les neufs noms des rois de la soirée à l'haleine plus que suspecte. Je crois que je suis trop iradiée par votre connerie et le pessimisme des informations pour devenir Rêveuse professionnelle. Encore une vocation brisée.

J'aime mon humour noir.

# Posté le jeudi 22 mai 2008 01:36

Modifié le mercredi 04 mars 2009 09:14

" Ecrire ensemble s'avère presque aussi compliqué que de coucher avec quelqu'un et que ça se passe bien pour les deux."

" Ecrire ensemble s'avère presque aussi compliqué que de coucher avec quelqu'un et que ça se passe bien pour les deux."
"On se ruine l'esprit à trop écrire. On le rouille à n'écrire pas."

Il fait si froid, à l'extérieur. A l'intérieur, il en est de même, mais je tais ma chair de poule, qui coasse nerveusement. Je ne suis pas capable d'embraser le contenu de la cheminée. Tous ses souvenirs qui se baladent, se fraient un chemin sinueux vers mes pupilles, redéfilent à nouveau, sans que je puisse altérer le destin. Le visage d'un ange calciné ; le tien. Des yeux tâchés de larmes, violés par ma faute, l'ire incontrôlable. J'aurais préférée recevoir une claque, y perdre un oeil ou deux, une phalange de plus, quelques dents de travers. Cet immense gâchis que nous avons crée de toutes pièces. Me laisse dépitée. Sinistre désordre, moi qui l'affectionne tant, d'ordinaire. Ce soir, ce chaos infernal pousse la porte du malsain. La voix encore brisée, une mine déplorable, je souris, pourtant. Eh oui, ce rictus sordide qui creuse mes fossettes n'est pas une grimace destinée à vous effrayer (même si j'aimerais être embauchée au sein d'un Train Fantôme). Je ne m'échapperais pas ce week-end, l'Autorité Parentale me le rappelle. Ce putain de Bac blanc, ces foutues cases que les enseignants cochent avec parcimonie : "Sait écrire". A quoi bon sert il de vérifier mes compétences scripturales, oserait-on demander à un humain si il sait respirer... sans petites roues ?

Je n'ai pas besoin de leur méthodologie. Qu'ils ordonnent leurs pensées comme bon leur semble tant qu'il ne m'impose pas la même rigueur assassine de l'inspiration.


" Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire."


# Posté le jeudi 16 octobre 2008 13:25

Modifié le mercredi 04 mars 2009 08:54

I can't play the game no more, I can't abide by their stupid rules which get me sick inside.They've been made by men who've given up the search,whose gods are dead and whose queens are in the church.

I can't play the game no more, I can't abide by their stupid rules which get me sick inside.They've been made by men who've given up the search,whose gods are dead and whose queens are in the church.
Désert, ô temple infini du silence, peu propice à la survie du voyageur, dont les pas solitaires marquent éphémèrement les dunes ! Toi qui ne laisse passer que le Targui montrant patte blanche, humilité et craintes derrière son voile hermétique le soustrayant, aux assauts des génies dangereux que tu abrites. Combien de larmes des assoiffés as tu requis pour constituer ses asiles hors du temps que sont les oasis ? Combien de corps desséchés se sont enfoncés dans la spirale infinie de tes mirages enchanteurs? Etranges phénomènes, contés au creux d'une oreille, tu soumets les hommes à y être dévorés par leurs fantasmes.

Désert, Désert, Maître du destin incertain des aventuriers téméraires qui peuplent les Mille et Une Nuit ! Des files de dromadaires chargés tels des mules profitent de la fraîche rosée matinale. Nonobstant ton sol, sablonneux et dénudé, comme arbre en hiver, tu demeures mystérieux, sauvage, furtif fauve prêt à en emporter plus d'un dans une tombe à ciel ouvert.

Ô désert, paradoxe incertain entre la froideur austère de tes nuits et l'insolation diurne qui s'alternent, rythme incessant, comme le battement des c½urs de ceux qui te foulent.

Désert, désert, siège de la poésie, romantique et dangereux. Je suis tant navrée de voir les motocycles du Paris Dakar remplacer les moutons du petit Prince. Que les ignorants de ta beauté le sachent, les dollars ou l'essence n'étanchent pas la soif ! Cependant, j'envie l'autochtone, perfusé de la clarté de tes étoiles, en symbiose avec cet environnement si particulier, hostile et attirant à la fois, comme les flammes d'un incendie phénoménal. Ta végétation atrophiée, les épines ornant tes cactus empêchent la main assassine de mutiler ta splendeur.

Désert, combien attirantes sont ces odeurs mentholées d'évasion orientale ! J'ai tant rêvé ce havre d'imagination et de mésaventures d'aviateurs sans bagage, sillonnant le limpide firmament !

Ô désert, aucun de ces mortels ne t'apprivoisera. Je te contemple, pétrifiée, coupée de la foule s'agitant. Dépaysant appel à la solitude ! J'emprunte ce chemin rocailleux, me conduisant à ta magnificence.


# Posté le dimanche 05 octobre 2008 06:03

Modifié le dimanche 05 octobre 2008 07:20

"La poésie est comme un fauve : soit tu la fuis, soit tu la domptes, soit elle te dévore."

J'aimerai la peindre comme une ½uvre somptueuse
D'une main guidée par l'empreinte de ses lèvres
Des pastels esquissant nos étreintes fructueuses
Puisqu'elle n'existe point ; je serais son orfèvre

Dans le havre de paix que j'inventai hier
J'errai tel un artiste en manque de modèle
Ma muse était l'objet de toutes mes prières
Tandis que son visage fuyait mes aquarelles

Douce encore inconnue gisant sur le papier
Dormant sans se soucier du sang giclant dès lors
Souillant de lettres impures sa chevelure d'or.
La peur de la panne blanche effacera ses pieds

Mes paupières s'entrouvrent, tandis qu'elle s'éclipse
Impossible retour dans l'encrier de Chine
Le cénotaphe de marbre se grave de son hymne
L'épitaphe d'absence signe l'apocalypse

Sa mort fine a pleuré mon mal d'inspiration
Je n'aurai réussi à la rendre réelle
Craignant l'euthanasier de n'obtenir son nom
Mon c½ur sera voué à l'affût éternel
  "La poésie est comme un fauve : soit tu la fuis, soit tu la domptes, soit elle te dévore."

# Posté le dimanche 07 septembre 2008 15:02

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 10:32